Paludisme & Vecteurs

Equipe 2 UMR D 257 Vecteurs – Infections  Tropicales et Méditerranéennes (VITROME)
Aix-Marseille Université (AMU), Institut de Recherche pour le Développement (IRD) – Service de Santé des Armées (SSA)
Institut de Recherche Biomédicale des Armées, Unité de Parasitologie et d’Entomologie, Institut Hospitalo-Universitaire – Méditerranée Infection

Chefs d’équipes :

Bruno Pradines
CV

Membres
  • AMALVICT Rémy
  • BENOIT Nicolas
  • MOSNIER Joel
  • NGUYEN Christophe
  • ALMERAS Lionel
  • BASCO Léonardo
  • BOGREAU Hervé
  • BOUKHARY Ali
  • BRIOLANT Sébastien
  • DORMOI Jérôme
  • FONTAINE Albin
  • MADAMET Marylin

Stratégie Scientifique et Projets

Six thèmes principaux de recherche sont développés au sein de l’équipe « paludisme et vecteurs ». Cinq de ces thématiques s’orientent vers le paludisme :

  1. Amélioration du diagnostic biologique du paludisme et développement d’outils alternatifs de diagnostic rapide et de meilleure sensibilité,
  2. Surveillance active (cartographie spaciale et temporelle) de la sensibilité de Plasmodium falciparum et P. vivax aux antipaludiques,
  3. Identification et développement de marqueurs moléculaires de résistance aux nouveaux antipaludiques,
  4. Développement de nouveaux antipaludiques (in vitro et in vivo) avec évaluation de leurs modes d’action et de leurs mécanismes de résistance,
  5. Interactions homme-moustique et entomologie, 6) Observance de la chimioprophylaxie antipaludique et des mesures de protections anti-vectorielles.

Une de nos missions pour les armées et dans le cadre de nos activités de laboratoire associé au Centre national de référence du paludisme est l’évaluation et la validation de nouveaux outils de diagnostic du paludisme. Nous participons au développement de nouveaux outils moléculaires afin de détecter les parasites avec une meilleure spécificité et sensibilité pour dépister les patients asymptomatiques et les porteurs de gamétocytes dans les zones d’élimination du paludisme. L’Organisation mondiale de la santé recommande l’utilisation de tests de diagnostic rapide (TDR) pour détecter les parasites dans les zones où l’examen microscopique (frottis et goutte épaisse) ne peut être réalisé. La plupart des TDR mis sur le marché repose sur la reconnaissance de la protéine HRP2 (histidine-rich protein 2). L’équipe a montré que des variations dans la séquence du gène pfhrp2 pouvaient affecter la sensibilité des TDR associés à la reconnaissance de la protéine HRP2. De même, certains parasites peuvent être délétés en gène pfhrp2 et donc de plus produire la protéine HRP2, entraînant une perte d’efficacité des TDR associés à la reconnaissance de la protéine HRP2. Nous sommes en charge d’évaluer la fréquence de parasites délétes en gène pfhrp2 dans les pays où séjournent les militaires français.

Depuis 2008, l’unité de parasitologie des armées est impliquée comme laboratoire associé au Centre national de référence du paludisme. Nous conduisons des évaluations épidémiologiques et cliniques sur les cas de paludisme d’importation et de Mayotte, sur les cas de paludisme chez des militaires en Guyane et outre-mer et sur les cas de paludisme des populations locales dans les pays où séjournent les militaires français en collaboration avec des équipes locales comme en Côte d’Ivoire, en République de Centre Afrique, au Gabon, au Congo, au Sénégal, en Mauritanie, au Mali ou au Cameroun. Parallèlement, nous évaluons le niveau de sensibilité des parasites aux antipaludiques (sensibilité ex vivo et marqueurs moléculaires de résistance) et l’efficacité clinique chez des patients (voyageurs et militaires) afin d’adapter la chimioprophylaxie et la prise en charge des malades dans le cadre des stratégies de contrôle dans les armées mais aussi dans le cadre des recommandations civiles.

La résistance aux antipaludiques commence toujours par émerger en Asie du sud-est pour se propager ensuite à l’Afrique. Des souches résistantes aux dérivés de l’artémisinine, dernières molécules recommandées par l’OMS, ont déjà émergé. Dans ce contexte, il est important d’identifier des marqueurs moléculaires prédictifs de la résistance aux antipaludiques partenaires associés aux dérivés de l’artémisinine afin de surveiller l’émergence et la diffusion de résistance aux associations d’antipaludiques. Nous participons à l’identification de marqueurs moléculaires pouvant être impliqués dans la résistance à l’artémisinine, à la luméfantrine, à la pipéraquine, à la pyronaridine et au bleu de méthylène par différentes approches (sélection de souches résistantes par culture sous pression médicamenteuse, séquençage du génome total de souches ou d’isolats résistants, mutagénèse dirigée, …).

Nous participons à l’identification de nouvelles molécules par criblage in vitro en collaboration avec des unités internationales de recherche en chimie, et au développement d’antipaludiques, comme le bleu de méthylène, en collaboration avec des laboratoires pharmaceutiques. Le développement de futurs antipaludiques repose sur l’évaluation de leur activité in vitro  vis-à-vis de clones de P. falciparum, sur l’évaluation de leur activité ex vivo vis-à-vis d’isolats de terrain, sur l’évaluation de leur activité in vivo dans des modèles expérimentaux (paludisme simple et neuropaludisme) et sur l’identification de leurs modes d’action et de leurs mécanismes de résistance.

Les maladies à transmission vectorielle constituent une menace pour la capacité opérationnelle du personnel des forces armées opérant à l’étranger ou stationné à l’étranger. Nous participons au développement d’outils permettant d’évaluer les risques d’exposition des soldats aux piqûres de vecteurs en identifiant les biomarqueurs d’exposition en analysant les arthropodes protéines antigéniques salivaires et les réponses sérologiques associées au niveau d’exposition. Ces outils permettent d’évaluer l’efficacité des stratégies anti-vectorielles, d’estimer et de prédire le risque de transmission de la maladie et de surveiller les populations de moustiques. Nous participons aussi au développement d’outils d’identification par Maldi-Tof MS des arthropodes collectés sur le terrain dans les enquêtes entomologiques menées dans les bases militaires françaises et dans les zones où les soldats français séjournent. Nous participons au suivi du statut entomologique des bases militaires françaises en Afrique subsaharienne et à l’évaluation des programmes de lutte anti-vectorielle, en collaboration avec les unités d’entomologie d’outre-mer. Cette surveillance est basée sur l’identification des vecteurs, sur l’étude de leur comportement et l’évaluation de leur résistance aux insecticides. Nous évaluons aussi la capacité vectorielle des moustiques à transmettre les maladies à transmission vectorielle (vecteurs identifiés en France, en présence de médicaments, …).

La pharmacorésistance, mais aussi la mauvaise observance et un sous-dosage (dosage insuffisant, mauvaise absorption, interactions médicamenteuses ou anomalies du métabolisme des médicaments) peuvent contribuer à un échec prophylactique ou clinique. Il est important d’évaluer l’observance des mesures préventives  chez les militaires ou chez les voyageurs et de déterminer les déterminants de mauvaise observance afin d’améliorer les recommandations et les stratégies.

L’émergence de nouvelles maladies vectorielles ou d’épidémies de maladies vectorielles connues dans les zones outre-mer où sont positionnées les forces françaises seront investiguées en collaboration avec le CESPA (Centre déépidémiologie et de santé publique des armées, Marseille), avec l’équipe 1 de Vitrome, avec les équipes de MEPHI et l’unité UMR 190 des Maladies virales émergentes.

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