Accueil > Espace presse > Ils parlent de nous > Articles de Presses > Marseille au coeur de la lutte contre les maladies infectieuses.

Espace presse

 

Marseille au coeur de la lutte contre les maladies infectieuses.

the-ihu-building_img.jpg

27/01/2015, Les Echos

La création d'un infectiopole a dopé les dépôts de brevets. Chercheurs et entrepreneurs seront bientôt réunis sur le même site.

 

 

Presque 20 % des bactéries connues de la science ont été découvertes dans les laboratoires marseillais et ces dernières années, quatre nouvelles familles de virus y ont été isolées. « Il est temps de transformer ce savoir en business », s'impatiente Didier Raoult, un des chercheurs parmi les plus actifs du domaine à la tête de l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) en maladies infectieuses. Ce sera bientôt chose faite : d'ici à un an, sa fondation, créée en 2012, inaugurera au coeur du principal hôpital de la ville un bâtiment de 21.000 mètres carrés dédié au diagnostic, à la recherche, à l'enseignement et aux soins des maladies infectieuses et tropicales. L'ensemble occupera 700 salariés qui seront à même de gérer des crises épidémiques sévères nécessitant d'accueillir plusieurs dizaines de malades dans des conditions d'isolement drastiques.

 

17 millions de victimes par an dans le monde

Peu avant les fêtes, la secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, Geneviève Fioraso, est venue constater l'avancée de ce chantier, qui a reçu une dotation de 73 millions d'euros pour sa construction dans le cadre du grand emprunt.

Les maladies infectieuses et tropicales font 17 millions de victimes par an dans le monde. Et la situation va encore s'aggraver à cause de multiples facteurs comme les changements climatiques et démographiques, la résistance aux antibiotiques ou les échanges intercontinentaux. « Avec cet infectiopole, le pays disposera d'un outil unique en Europe pour déployer dans cette filière une stratégie audacieuse de recherche et de formation ». a affirmé la ministre.

La lutte contre la contagion est une affaire historique à Marseille. Peste, choléra, fièvre jaune, variole, tuberculose... ont régulièrement fauché la ville. « Son passé portuaire transparent aux épidémies du Sud a façonné des compétences inégalées », explique Michel Drancourt, responsable du laboratoire de microbiologie à l'hôpital de la Timone. La ville produit ainsi le tiers des publications scientifiques françaises en infectiologie et revendique sa place dans le Top5 des pôles de compétence mondiaux après Londres et plusieurs centres hospitaliers américains. Ses laboratoires font également le plein de jeunes doctorants, témoignant du dynamisme de leur attractivité. Celui des Rickettsies, une famille particulière de bactéries compte par exemple 413 personnes et ses publications augmentent de 10 % par an.

L'autre atout de la ville est sa position géostratégique aux portes de la Méditerranée. Jusqu'à récemment, le service de santé des armées y disposait de son Institut de médecine tropicale. L'Institut de recherche pour le développement qui mène ses travaux dans les pays du sud y a son siège, et l'IHU a établi des relations avec deux réseaux qui comptent en Afrique : Remedier (Recherche Mediterranéenne dans les infections émergentes et réémergentes) et Girafe (Groupement international de recherche en Afrique sur l'Emergence) qui appuient les transferts de technologies anti-infectieuses issus de la recherche française.

 

Huit start-up

« C'est à notre tour d'opérer ce principe de valorisation », insiste Didier Raoult. Avec la création de l'IHU qui dispose d'un budget annuel de 3 millions d'euros, il a mis les bouchées doubles pour promouvoir les travaux de ses équipes qui produisent 500 articles par an : 24 brevets avaient été déposés depuis 1994; le même nombre a été enregistré ces deux dernières années et la mission créée pour les valoriser a déjà fondé huit start-up.


Lire l'article PDF


© IHU Méditerranée Infection - Contact / Plan du site / Crédits