Accueil > Espace presse > Ils parlent de nous > Articles de Presses > Marseille : 500 000 euros de plus pour l'infectiopôle.

Espace presse

 

Marseille : 500 000 euros de plus pour l'infectiopôle.

2016-07-29_10h49_28.jpg

08/05/2015, La Provence

 

Jean-Claude Gaudin a déjà été atteint. En mars dernier, le maire a lui aussi été "mordu" après une visite de chantier du futur infectiopôle de la Timone : cet énorme bunker de 23 000 m² qui sera dédié à l'étude et au traitement des maladies infectieuses.

Hier, dans les mêmes circonstances, le virus de la recherche a encore frappé. Et cette fois c'est Guy Teissier, le président de MPM, qui a présenté les mêmes symptômes caractéristiques : apparition d'un casque de chantier sur la tête, discours enfiévré sur "le travail remarquable des chercheurs ", expression de sa "fierté d'être marseillais", affichage de ses ambitions pour l'attractivité de la ville.

Une crise d'enthousiasme aiguë qui s'est conclue par un accès de générosité : après les promesses de participation financière accrue de la Ville en mars dernier, Guy Teissier a annoncé hier une enveloppe exceptionnelle de 500 000€ de MPM "pour l'achat de congélateurs à virus". D'autres subsides devraient être accordées par la suite "par MPM, puis par la future métropole" pour aider au développement de cet outil que le Pr Didier Raoult, présente tout simplement comme "unique au monde".

 

"Elles causent entre 10000 et 20 000 décès par an en France"

 

Est-ce en raison de sa longue fréquentation des virus ? Le futur directeur de cet institut hospitalo universitaire (IHU) n'a pas son pareil pour propager ses convictions. Ce qui s'avère fort utile pour obtenir des financements. Ses arguments, bien rodés, font mouche sur les décideurs locaux: "Il y aura trois pôles, l'Institut Pasteur à Paris, Bioaster à Lyon et l'infectiopôle à Marseille". Un dernier site qui, souligne Didier Raoult "fera revenir le service de santé des armées grâce à des coopérations avec l'hôpital militaire Laveran".

L'IHU permettra de traiter les infections contractées à l'hôpital. "Elles causent entre 10000 et 20 000 décès par an en France", ne manque jamais de préciser Didier Raoult à son auditoire ébahi. Et grâce à l'IHU, finie la peur phobique des épidémies émergentes, type Ebola : dans cette unité, les malades seront soigneusement isolés (y compris pour leur transport dans des brancards hermétiques, baptisés "sarcophages"). Selon la gravité de l'infection, "les chambres pourront être transformées en chambres de très haute sécurité", explique le Pr Raoult, qui envisage aussi de traiter les infections plus bénignes en trois jours.

Ces arguments avaient déjà convaincu le Ministère de la recherche d'investir dans cet IHU, l'un des 9 grands projets lauréats du Grand Emprunt lancé en 2009 par Nicolas Sarkozy. Il bénéficie d'un programme de 55 M€ financé par le Ministère de la recherche, l'AP-HM, l'INSERM, le CNRS, l'Institut Meyrieux. Et donc, les collectivités locales. Avec un retour espéré sur investissement : les IHU doivent permettre le développement de produits de santé innovants et accroître l'attractivité de la France (et de Marseille en l'occurrence ) pour les industries de santé. C'est évidemment tout le mal qu'on leur souhaite.

 

Lire l'article


© IHU Méditerranée Infection - Contact / Plan du site / Crédits