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Marseille : l'IHU Méditerranée Infection devrait sortir de la tourmente.

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11/11/2015, La Marseillaise

 

Analyse financière, structuration du projet médical et de recherche, management et gouvernance, en 212 page un rapport produit par l'Igas fait le point sur la situation de l'IHU Méditerranée Infection. Le Professeur Didier Raoult y répond.

 

 

Le rapport de l'Igas « diagnostic et de propositions » de l'inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l'inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (Igaenr) de février 2015, n'a pas été tendre avec l'Institut hospitalo-universitaire Méditerranée infection et son directeur général, le Professeur Didier Raoult. 

Analyse financière, structuration du projet médical et de recherche, management et gouvernance. Les inspecteurs y détaillent ce « projet ambitieux et complexe ». La mission a été conduite suite notamment à des divergences de fond entre le directeur de l'IHU et l'ancien directeur général de l'AP-HM.

Les inspecteurs considèrent que la fondation de coopération scientifique de Marseille « a vocation à être un modèle pour l'infectiologie, restructurant fondamentalement son approche, et à être un modèle pour des réorganisations futures » et tous les interlocuteurs ont salué « la qualité scientifique des travaux de l'IHU et l'intérêt scientifique ».
« Si la situation est saine actuellement sur le plan financier », en revanche « la construction du bâtiment » a été « engagée sans plan de financement bouclé » écrit la mission. L'ancien DG et ses équipes de l'AP-HM ont refusé « le paiement d'un loyer annuel de 1,2 million d'euros sur dix ans » réclamé par l'IHU, la mission estimant aussi qu'il s'agit « d'une piste sans avenir ».

L'Igas souligne un modèle économique « inexistant » à partir de 2020 au moment où les subventions de l'ANR qui représentent 50%, ne seront plus. Mais les plans de trésorerie sont « rassurants » jusqu'en 2020.

 

Au moment de la mission, des réticences y compris de chefs d'unités de recherche

 

Dans le domaine de la recherche, l'Igas remarque au moment de l'enquête « les hésitations, les réticences voire l'opposition de chefs d'unités à rejoindre l'IHU » au regard du fonctionnement. Et inversement, le service de parasitologie dirigé par le Pr Piarroux ne ferait plus partie du projet ont soumis les Pr Raoult et Brouqui à la mission. Nombre de responsables scientifiques « sont tous membres du pôle 8 » (maladies infectieuses) ce qui ne laisse que peu de place aux unités mixtes de recherche pour la co-construction. La mission s'étonne aussi que le Pr Raoult puisse cumuler les fonctions de directeur scientifique et directeur général tout en étant au conseil d'administration. Elle s'interroge sur « l 'indépendance » de la présidente du conseil d'administration (Yolande Obadia présidente de l'ORS Paca) « alors que celle-ci était auparavant la directrice de la fondation infectiopôle Sud » dirigée par Didier Raoult.

L'Institut hospitalo universitaire Méditerranée Infection, fondation de coopération scientifique porté notamment par l'AP-HM, l'AMU et l'Inserm, a l'ambition « de développer la recherche médicale et scientifique dans le domaine des maladies infectieuses et tropicales, et en particulier des pathogènes émergents » avec une prise en charge spécifique des patients à isoler, et des équipes de recherche de pointe.

600 personnes à terme y travailleront dont 4 unités de recherche (Pr Raoult, Pr Moatti, Pr De Lamballerie et Pr Piarroux) pour les activités de soins, 350 personnes issues de l'actuel Pôle 8 (Polmit) intégrant la partie activités de soins dotée de 75 lits et de 21 places d'hôpital de jour notamment.

Interrogé, le Pr Raoult resitue : « on a le projet le plus spectaculaire en recherche médicale en France, soutenu par le DG de l'époque, M. Segade. Mais MM. Romatet (DG) et Viguier (SG) n'ont cessé d'essayer de détruire ce projet. Pour des raisons qui m'échappent, ils ont tout tenté, au ministère, devant les collectivités territoriales, en direction des gens qui étaient à l'intérieur du projet, y compris en poussant dehors la parasitologie, la virologie à y devenir hostile. »

 

Le Pr Didier Raoult lors de la conférence de presse sur la résistance aux antibiotiques 
début octobre à la Faculté de médecine de Marseille (Archive NF)

 

Pour le Pr Raoult, comme l'AP-HM aujourd'hui et la mission aussi du reste, l'IHU est une chance pour le CHU et la ville. Il entend bien « les réflexions sur le périmètre de conseil d'administration, du conseil scientifique »«Et nous avons changé des éléments, Mme Fioraso (ancienne ministre) fait désormais partie de notre conseil d'administration ».

 

"Je ne signe rien qui n'ait été discuté en comité de pilotage hebdomadaire"

 

La présidente l'est-elle toujours ? « Oui, tout à fait »« Encore une fois, c'est un peu un paradoxe de dire, écoutez ça marche extrêmement bien, -ce qui est la vérité car actuellement on produit 75% de ce que fait l'Institut Pasteur avec un dixième de ses moyens- et de nous dire, c'est pas comme ça qu'on dirige ». Il tiendra compte de « leur opinion »,« mais on fait ce qu'on pense être nécessaire devant nos fondateurs et le conseil d'administration ». Il réfute la mise en cause sur le cumul des fonctions.

« Il est entièrement faux qu'un membre du conseil d'administration ne peut pas être directeur. Il ne peut l'être, s'il est payé ». Et de justifier « un comité de pilotage hebdomadaire, avec toutes les unités de recherche et les partenaires qui sont tous invités. Et je ne signe jamais rien qui n'ait été discuté en comité de pilotage. Si toutes les institutions avaient une telle transparence, un tel collectif on le saurait ».

Pas de projet de recherche ? « Un projet a été écrit pour obtenir 73 millions, vous n'imaginez pas qu'on n'écrive pas le projet de recherche ! ». On l'interroge sur une forme de concentration des pouvoirs. « Tout cela est de la fantaisie. Le conflit de personnes et des équipes VIH dure depuis 30 ans » explique-t-il. « J'espère pouvoir effectivement mettre fin à cette bagarre. Maintenant, il faut calmer les choses, les ramener à un point normal. Et ne pas mettre le feu à chaque fois qu'il y a une erreur de gestion ou de secrétariat »

 

"Une période de calme à l'AP-HM, et tout se passe très bien" 


Et sur un désir d'autonomie financière qu'il avait évoqué en marge d'une conférence de presse récemment. « On ne peut pas laisser une opération comme celle-là dans laquelle l'Etat a mis prêt de 110 Millions d'euros, être dépendante du caprice d'un directeur qui arrive avec un secrétaire général à moitié fou. Maintenant on est dans la période de calme avec l'AP-HM, et tout se passe très bien. Simplement, il faut à l'avenir sécuriser ce projet de manière à ce qu'il ne soit pas remis en cause à chaque changement de direction ».

Le rapport de l'Igas évoque tout de même la question du retour sur investissement. « Le pôle de microbiologie et des maladies infectieuses est le plus bénéficiaire de toute l'Assistance Publique avec plus de 6 millions par an de bénéfices et malgré cela, l'ancienne direction nous a supprimé 12 postes. On n'est pas une entité à part. Je sais que c'est cela qui terrifie les gens, mais on a choisi d'être à l'intérieur du CHU, de ne pas être indépendant. Je suis un employé du CHU. Tous les gens qui sont là-dedans, sont des employés du CHU. Il n'a jamais été question d'autre chose. Ce projet est probablement l'un des plus beaux du pays. Il a vocation à générer des financements pour l'ensemble des partenaires dedans? et bien entendu l'AP-HM. »

 

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