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Le Professeur Raoult veut son Institut Pasteur.

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03/12/2015, Le Point

 

Infectiopole. Le biologiste, spécialiste des microbes développe un pôle unique au monde

 

 


Le projet a germé dans la tête de Didier Raoult dès 2003. Le célèbre professeur de microbiologie publie  alors un rapport pour le ministère de la Santé sur le bioterrorisme. « Je me suis rendu compte que personne n’avait la capacité de gérer une crise, car il manquait une structure multi compétente apte à mailler le territoire. Depuis, l’épisode d’Ebola a montré que les pays développés ne sont pas réellement prêt », explique-t-il. En 2012, le programme du Grand Emprunt permet au scientifique de créer la Fondation Méditerranée Infection, dont il rêvait.

Condensé de tous les moyens de lutte contre les maladies infectieuse, elle regroupe le centre de recherche Infectiopôle Sud et le seul institut hospitalo-universitaire de France consacré à ce domaine. Ici, près de 20% des bactéries connues dans le monde ont été découvertes. Avec 33 brevets déposés depuis 2012, la production scientifique représente 75% de celle de l’institut Pasteur et « 30% de la recherche du CHU de Marseille avec seulement 2.5% des forces », souligne Didier Raoult. Il ne manquait plus à cette puissance de frappe qu’un bâtiment qui concentrerait à la fois les soins, le diagnostic, la recherche et l’enseignement.

En 2016, ce sera chose faite avec la livraison de 25 000 mètres carrés à la Timone, entre le CHU et la faculté de médecine (sans doute au premier semestre). L’investissement total est estimé entre 120 et 130 millions d’euros, financés à hauteur de 73 millions par le Grand Emprunt, le reste émanant des collectivités locales, de l’AP-HM, de l’université Aix-Marseille et de plusieurs instituts de recherche (Inserm, CNRS, IRD, Biomérieux).

Unique au monde, ce nouvel emblème de la santé marseillaise, qui abritera environ 700 salariés, « sera d’abord un hôpital de recherche puisque 100% des patients seront inclus dans des protocoles scientifiques de diagnostic ou thérapeutiques », détaille Didier Raoult. Le bâtiment regroupera 75 lits, dont 25 en unité d’isolement.

A l’Unité de recherche en maladies infectieuse et tropicales émergentes (Urmite), que dirige le professeur, s’ajouteront trois autres unités et les plus grands laboratoires hautement sécurisé d’Europe, pour continuer à cultiver de nouveaux microbes émergents ou des agents de bioterrorisme. Une biobanque concentrera 3 millions d’échantillons. « Il s’agit aussi de mieux gérer le capital antibiotique en travaillant sur des molécules inconnues ou oubliées qui peuvent permettre de trouver de nouveaux traitements », ajoute le professeur Raoult.

 

 

Technologies.


Au total, l’infectiopôle regroupera une dizaine de plateformes de très haute technologie autour notamment du séquençage génomique des microbes pathogènes. Des caméras thermiques détecteront les personnels ou les patients fébriles. Des puces RFID seront installées en vue d’assurer la traçabilité des personnes et des matières et d’éviter ainsi au maximum le risque de contagion.

Dans cet hôpital de recherche « intelligent », un étage sera réservé à l’incubation de start-up. Huit ont été créés depuis 2012, dont la moitié vendent déjà leurs produits et pourraient générer 73 emplois d’ici 2020. Parmi leurs innovations : des valises de diagnostic rapide, des pansements anti-infectieux ou encore des médicaments à base de squalamine, une substance sécrétée par les requins au puissant pouvoir antibactérien. « Ce que nous faisons, c’est ce que faisait l’Institut Pasteur il y a cinquante ans : concentrer en un même lieu les consultations, la recherche, les transferts de technologies », souligne Didier Raoult. Le projet a déjà permis de retenir à Marseille l’Institut de médecine tropicale du service de santé des armées, censé déménager à Brétigny-sur-Orge, en région parisienne.

 

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